Côte d’Ivoire lutte contre le terrorisme : croiser les expertises pour entraver les réseaux.
Du 15 au 19 juin 2026, l’atelier « Entraves et financement du terrorisme », organisé à Abidjan en lien avec l’Académie Internationale de Lutte contre le Terrorisme (AILCT), a placé la complémentarité des interventions au cœur de la réponse antiterroriste. Pour le projet BEPI, cette formation poursuivait un double objectif : renforcer les capacités des magistrats spécialisés et favoriser leur coopération avec les autres services concernés.
Agir contre les réseaux terroristes suppose de comprendre les mécanismes qui leur permettent de recruter, de se financer et de poursuivre leurs activités. Au-delà du traitement judiciaire des infractions, cette démarche mobilise le renseignement, les dispositifs administratifs, le contrôle des flux financiers et la coopération internationale. L’atelier était consacré à l’articulation de ces leviers et à leur contribution à la prévention du terrorisme.
Ouverte aux hauts commandements militaires, aux magistrats, aux forces de sécurité intérieure, aux services des douanes et au Trésor public, la session visait une meilleure compréhension des dispositifs d’entrave judiciaires et non judiciaires. Cette approche transversale répond à un enjeu opérationnel : permettre à chaque institution de situer son action dans une réponse coordonnée, en tenant compte des compétences des autres services.
Comprendre les financements pour orienter l’action
Le financement du terrorisme constituait un axe central de la formation. Le programme associait le traçage des flux financiers, la lutte contre le blanchiment de capitaux, le contrôle des sanctions internationales et le rôle des douanes dans l’entrave aux trafics illégaux. Il abordait également les liens entre trafics, vols de bétail, criminalité organisée et financement du terrorisme en Côte d’Ivoire.
Pour les magistrats, l’intérêt de ces contenus réside dans une lecture plus complète des affaires : identifier les circuits financiers et les soutiens matériels peut aider à orienter les investigations et à déterminer les coopérations nécessaires. Les études de cas prévues dans la formation inscrivaient cette réflexion dans une perspective pratique.
Relier renseignement, prévention et justice
La place du renseignement dans les stratégies d’entrave formait un deuxième axe majeur. La détection de la menace et le traitement des informations étaient mis en perspective avec les outils administratifs et judiciaires. L’objectif était de mieux comprendre leurs complémentarités et les modalités d’intervention des acteurs concernés.
Cette connaissance réciproque est particulièrement utile aux magistrats spécialisés, dont les dossiers peuvent mobiliser plusieurs services. Le programme intégrait aussi la prévention de la radicalisation et l’élaboration d’un contre-discours face à l’emprise idéologique des groupes armés terroristes, élargissant ainsi la réflexion aux moyens d’agir en amont des violences.
Faire de la coopération judiciaire un levier d’action
Pour le projet BEPI, la formation ciblait les juges d’instruction et les procureurs des pôles spécialisés dans la lutte contre le terrorisme. Prescripteurs de demandes d’entraide, ces magistrats occupent une place centrale dans les procédures nécessitant l’intervention d’autorités étrangères.
La séquence consacrée à l’entraide pénale et judiciaire internationale répondait à cette dimension transfrontalière. Elle s’inscrivait dans la volonté du projet de soutenir les échanges entre praticiens et de développer des relations professionnelles de confiance. L’atelier portait ainsi une ambition importante , celle de mieux articuler les compétences pour renforcer le traitement judiciaire des affaires terroristes et de leurs ramifications internationales.