Au Tchad, Clémence KEM construit des passerelles entre les survivantes et la justice

Pour NELOUMNGAYE Clémence KEM, l’accompagnement des survivantes de violences repose sur des pratiques respectueuses et une collaboration avec les acteurs judiciaires. Juriste et responsable du département juridique de la Ligue tchadienne des droits des femmes (LTDF), elle explique comment un atelier a renforcé son action.

Approfondir sa connaissance des textes applicables aux violences basées sur le genre, partager des expériences et découvrir de nouvelles thématiques : telles étaient les motivations de Clémence KEM lorsqu’elle a accepté de participer à la formation.

Parmi les acquis qu’elle mobilise dans son travail, elle souligne le principe de « ne pas nuire ». Eviter les questions répétitives susceptibles de raviver le traumatisme, respecter les choix des survivantes et recueillir leur consentement éclairé constituent des repères importants. La protection des informations personnelles fait également partie des précautions qu’elle décrit.

Faciliter l’accès à un accompagnement juridique

Depuis l’atelier, Clémence KEM rapporte avoir engagé un échange avec un interlocuteur de la justice des mineurs. La LTDF a demandé que les dossiers concernant des victimes de viol et d’autres violences sans conseil lui soient orientés, afin de proposer l’appui de ses avocats.

Cette démarche illustre une possibilité de collaboration entre institutions judiciaires et organisations de la société civile : mieux relier les victimes aux services d’accompagnement juridique disponibles.

Clémence identifie aussi des besoins complémentaires, notamment l’appui des procureurs dans la qualification des faits et celui des avocats et des magistrats.

Se préparer aux situations qui dépassent les frontières

La formation l’a aidée à mieux repérer les violences comportant une dimension transnationale. Elle précise néanmoins que son organisation n’a pas encore reçu, depuis l’atelier, de cas de ce type lui permettant de mettre en pratique ces connaissances.

Son témoignage souligne ainsi l’intérêt de rapprocher les acteurs associatifs et judiciaires, tout en préparant leur collaboration sur des situations internationales.

« Cet atelier n’est pas la fin d’un événement, mais le début d’une action », affirme-t-elle.

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