Au Bénin, passer des textes à la pratique pour mieux préparer les demandes d’entraide pénale
Comment mobiliser la coopération judiciaire lorsqu’une affaire pénale dépasse les frontières nationales ? A Abomey-Calavi, les 12 et 13 mars 2026, un atelier organisé dans le cadre du projet BEPI, avec l’appui technique d’Expertise France, a associé formation juridique et exercices pratiques pour renforcer les compétences des professionnels de la justice.
Face à des affaires de criminalité organisée, de blanchiment d’argent ou de cybercriminalité impliquant plusieurs pays, les acteurs judiciaires doivent pouvoir solliciter la coopération d’un autre Etat. La connaissance des textes doit alors se traduire en démarches concrètes, préparer une demande, la transmettre aux autorités compétentes et en permettre l’exécution.
C’est à cet enjeu qu’était consacré l’atelier organisé par le Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaire (BCEJ) à l’Ecole de formation des professions judiciaires (EFPJ). Durant deux (02) jours, les participants ont approfondi les mécanismes de coopération pénale internationale, notamment les procédures d’entraide judiciaire et d’extradition.
Relier les procédures aux situations professionnelles
Les experts mobilisés par BEPI ont abordé le cadre juridique et institutionnel de l’entraide, la coopération policière internationale et les procédures d’extradition. Les échanges visaient également à renforcer la coordination entre les autorités judiciaires, policières et administratives concernées.
Au-delà de la maîtrise des règles, l’objectif était de mieux comprendre les démarches à accomplir lorsqu’une enquête ou une procédure nécessite une coopération avec un autre Etat. L’atelier visait ainsi à contribuer à un traitement plus efficace des demandes, dans le respect des exigences de célérité et de confidentialité.
Les travaux pratiques au cœur de l’apprentissage
Après les présentations et les débats, les participants ont travaillé en groupes sur un exercice de mise en pratique. Selon le compte rendu de l’atelier, cette séquence a été particulièrement appréciée.
Ce travail permettait de relier les connaissances juridiques aux situations rencontrées dans les dossiers. Il offrait aussi un espace pour confronter les expériences et échanger sur les difficultés de mise en œuvre des procédures.
Poursuivre les formations et renforcer la pratique
Les participants ont souhaité que ces activités se poursuivent et soient accessibles à davantage de professionnels. Ils ont également demandé des sessions d’au moins trois (03) jours, accordant une place plus importante aux travaux pratiques.
Ces retours dessinent une piste pour les prochaines formations, donner davantage de temps aux acteurs de la chaîne pénale pour s’exercer à mobiliser les mécanismes de coopération. L’enjeu est de les aider à passer de la connaissance des procédures à leur utilisation dans les dossiers nécessitant une entraide internationale.