Violences basées sur le genre, une réponse judiciaire à construire au-delà des frontières

Les violences basées sur le genre (VBG) peuvent impliquer une victime déplacée, un auteur présumé à l’étranger ou des preuves dispersées entre plusieurs pays. Pour mieux répondre à ces situations, un atelier organisé les 20 et 21 août 2026 à Abomey-Calavi au Benin a réuni acteurs judiciaires et société civile autour du genre et de la coopération judiciaire, avec l’appui du projet BEPI et d’Expertise France.

Accueillie à l’Ecole de formation des professions judiciaires (EFPJ), la rencontre a associé magistrats, officiers de police judiciaire, avocats, greffiers et représentants de la société civile. L’objectif était de renforcer leur compréhension des violences basées sur le genre et leur connaissance des mécanismes d’entraide permettant de traiter les affaires à dimension transfrontalière.

Mieux identifier les violences pour orienter la réponse

Les violences basées sur le genre ne se limitent pas aux agressions physiques.

Chanin MELEDJE, consultante experte genre, rappelle leurs formes sexuelles, psychologiques, économiques et numériques, ainsi que les rapports de domination dans lesquels elles peuvent s’inscrire.

Kedji Marcelin ABBE, consultant en coopération et entraide judiciaire, évoque notamment les interdictions imposées aux femmes d’exercer certaines activités économiques, les violences numériques, le harcèlement sexuel et le viol. Ces exemples soulignent la diversité des situations auxquelles les professionnels doivent apporter une réponse adaptée.

Certaines violences s’inscrivent aussi dans des phénomènes criminels transnationaux, notamment la traite des personnes et l’exploitation sexuelle. A l’ouverture des travaux, Innocentia APOVO MONTEIRO, directrice de la coopération et de l’entraide judiciaire, a attiré l’attention sur les violences subies par des femmes et des filles dans les parcours migratoires et les situations de traite.

Mobiliser les structures et les procédures disponibles

Lorsque plusieurs Etats sont concernés, la réponse judiciaire exige une coordination entre autorités. rechercher des preuves, échanger des informations ou solliciter une extradition suppose de connaître les interlocuteurs et les procédures appropriées.

Les témoignages des participants éclairent l’apport de la formation. Wilfred TOGLA, magistrat au tribunal de première instance de Cotonou, souligne la nécessité de mieux travailler avec les structures d’enquête et d’accompagnement disponibles, notamment INTERPOL : « Nous devons travailler davantage avec les institutions qui sont mises à notre disposition. »

Pour Vladimi ZOHOUN, Magistrat au tribunal de première instance de Ouidah, les échanges ont clarifié la conduite à tenir face aux affaires de violences basées sur le genre. Désormais les acteurs savent quelle est la procédure à suivre.

Placer les victimes au cœur de la coopération

Séïdou Boni KPÉGOUNOU, secrétaire général du ministère de la Justice et de la Législation, a rappelé que derrière les mécanismes de coopération se trouve une personne dont la dignité a été atteinte et qui attend protection et justice.

L’atelier a ainsi rapproché la compréhension des violences, les démarches judiciaires et l’accompagnement des victimes. Les retours des magistrats mettent en évidence des repères utiles pour mobiliser les institutions et poursuivre les investigations lorsque les affaires dépassent les frontières nationales.

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