Cybercriminalité : renforcer les compétences et la coopération judiciaire face aux défis numériques
Du 30 septembre au 2 octobre 2025, des magistrats et praticiens du droit, venus des pays du Golfe de Guinée (Bénin, Togo, Côte d’Ivoire), du Sénégal, de la Mauritanie et du Tchad se sont réunis à Abidjan à l’occasion d’un atelier régional organisé dans le cadre du Projet BEPI.
Pendant trois jours, les participants ont travaillé collectivement sur un enjeu devenu central pour les systèmes judiciaires : la lutte contre la cybercriminalité et l’utilisation des preuves numériques dans les procédures pénales.
Comprendre un phénomène en constante évolution
L’atelier a d’abord permis de poser un socle commun de compréhension. Phishing, hacking, escroqueries en ligne, intrusions dans les systèmes informatiques ou encore usage du dark web : les participants ont exploré les différentes formes de cybercriminalité et les profils des acteurs impliqués.
Un constat partagé s’est dégagé : la cybercriminalité progresse rapidement en Afrique, portée par l’augmentation de l’accès à Internet et la sophistication croissante des outils numériques utilisés par les groupes criminels.
Mieux maîtriser le cadre juridique et les preuves numériques
Un temps important a été consacré à l’analyse des instruments juridiques internationaux et des cadres nationaux de lutte contre la cybercriminalité. Les échanges ont mis en évidence la diversité des dispositifs existants, mais aussi des défis communs, notamment en matière de collecte, de conservation et d’exploitation des preuves électroniques.
Les sessions dédiées à l’enquête numérique ont permis aux magistrats de mieux comprendre les méthodes d’investigation, ainsi que les exigences techniques et procédurales liées aux preuves numériques dans des dossiers souvent transnationaux.
Apprendre par la pratique et l’échange
L’approche participative de l’atelier s’est traduite par des cas pratiques inspirés de situations réelles. En travaillant en groupe, les participants ont appliqué les connaissances acquises, confronté leurs expériences nationales et réfléchi ensemble aux meilleures stratégies de coopération judiciaire.
Ces exercices ont renforcé une conviction partagée : aucun pays ne peut lutter seul contre la cybercriminalité. La rapidité des échanges d’information et la confiance entre autorités judiciaires sont des leviers essentiels.
Vers un réseau régional renforcé
Au-delà des apprentissages techniques, l’atelier a favorisé la création de liens professionnels durables entre magistrats et autorités centrales. Ces contacts constituent les bases d’un réseau régional appelé à jouer un rôle clé dans le traitement des affaires impliquant des éléments numériques et transfrontaliers.
En accompagnant cet atelier, le projet BEPI réaffirme son engagement : renforcer les compétences, encourager le partage d’expériences et soutenir une coopération judiciaire régionale plus efficace face aux défis du numérique.