Guinée : faire durer l’impact, au-delà du projet
La Guinée a entamé un processus de réflexion pour inscrire ce qui a été mis en place dans le cadre du projet BEPI dans la durée et que l’entraide pénale internationale devienne un réflexe institutionnel.
Installer des fondations qui tiennent dans le temps
Le chantier est déjà bien engagé. Plusieurs leviers structurants ont été activés pour ancrer durablement l’entraide pénale internationale dans les pratiques judiciaires guinéennes :
- Institutionnaliser la réflexion
Depuis octobre 2025, un Groupe de Travail sur la coopération judiciaire pénale est officiellement en place. Pensé comme une “salle des machines” collective, il réunit magistrats, DNACG, acteurs institutionnels et société civile pour faire circuler les pratiques et maintenir une dynamique après le projet. - Transmettre, pour ne pas dépendre
Le transfert de compétences prévu en février 2026 marque un tournant : les savoirs ne viennent plus seulement de l’extérieur, ils sont relayés par des magistrats formateurs nationaux. Une logique de relais et de dissémination. - Aligner pour mieux s’approprier
L’arrimage des plans d’action du projet avec ceux de la DNACG (juin 2025) a permis d’éviter l’effet “projet à part”. Ici, BEPI s’intègre dans les priorités nationales. - Renforcer un leadership local assumé
La DNACG est désormais en première ligne : identification des besoins, coordination, pilotage. Une évolution clé vers une autonomie réelle. - Former durablement les futurs praticiens
L’intégration du module EPI dans le curriculum du Centre de Formation Judiciaire est en discussion. Objectif : faire de l’entraide pénale un acquis de base, et non une compétence ponctuelle. - Ancrer les outils dans le quotidien
Depuis novembre 2025, le logiciel LEPI s’installe comme outil central de gestion des dossiers. Un changement discret, mais stratégique : quand l’outil devient indispensable, la pratique s’installe.
Les défis qui restent à relever
La trajectoire est posée, mais la route n’est pas encore entièrement stabilisée. Trois points de vigilance émergent clairement :
- Faire du LEPI un réflexe durable, et non un outil utilisé “tant que le projet est là”
- Institutionnaliser réellement la formation EPI au sein du CFJ
- Maintenir l’énergie du Groupe de Travail au-delà de l’appui du projet
Autrement dit : transformer des dynamiques en habitudes, et des habitudes en système.
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet BEPI en Guinée, des actions ont été menées pour renforcer les capacités du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, notamment au sein de la Direction Nationale des Affaires Criminelles et des Grâces (DNACG) et du Service de Modernisation du Système d’Information et du Centre de Formation Judiciaire.