Atelier Régional sur la Lutte contre la Corruption à Conakry

Du 25 au 27 novembre 2025, Conakry (Guinée) a accueilli un atelier régional majeur consacré à la lutte contre la corruption, organisé dans le cadre du projet Bureaux d’Entraide Pénale Internationale (BEPI). Cette rencontre a rassemblé des magistrats, praticiens judiciaires et acteurs clés de la justice issus de six pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre : Guinée, Sénégal, Mauritanie, Bénin, Tchad et Côte d’Ivoire, autour d’une thématique à la fois urgente et stratégique pour la région.

Un combat partagé et structurant

Ouvert sous la présidence du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme guinéen, l’atelier a porté sur les mécanismes de lutte contre la corruption, un phénomène qui fragilise la gouvernance, sape la confiance des citoyens et menace le développement durable. Les interventions ont souligné que la corruption, qu’elle soit sous forme d’abus de biens, de trafic d’influence ou de détournement de fonds publics, reste l’un des fléaux transnationaux les plus complexes du continent.

Dans son discours d’ouverture, Alhassane Naby Camara, Directeur général du Centre de Formation judiciaire de Guinée, a réaffirmé que la lutte contre la corruption requiert non seulement des compétences techniques renforcées, mais aussi une coopération judiciaire régionale harmonisée — pierre angulaire de l’approche BEPI.

Renforcer les capacités pour répondre à des défis complexes

L’atelier a porté sur trois axes principaux :

  • Diagnostic des mécanismes de corruption, pour mieux comprendre les formes et les structures de ce fléau à l’échelle nationale et transnationale ;
  • Prévention, à travers les cadres légaux nationaux et outils de supervision, ainsi que l’échange de bonnes pratiques entre les États membres ;
  • Répression et coopération, avec un accent sur l’efficacité des enquêtes et du traitement des affaires transfrontalières.

Les échanges ont été enrichis par des experts régionaux et internationaux, offrant aux participants des perspectives nouvelles sur la détection des fraudes, l’utilisation des technologies dans les enquêtes et les méthodes d’entraide judiciaire.

Un réseau régional consolidé

À l’issue des travaux, plusieurs résultats clés ont été attendus :

  • Une meilleure connaissance mutuelle des législations et pratiques anti-corruption entre les juridictions des pays participants ;
  • Une montée en compétences des professionnels de la justice dans le traitement des affaires de corruption ;
  • Le renforcement d’un réseau régional d’entraide judiciaire, permettant une réponse plus rapide et coordonnée aux demandes d’entraide pénale ;
  • L’élaboration de recommandations opérationnelles, appelées à être vulgarisées et mises en application dans chaque pays.

Mamadou Bachir Bah, coordinateur national du projet BEPI pour la Guinée, a souligné l’importance de cet échange permanent entre acteurs de la prévention et de la répression, rappelant que “la lutte contre la corruption doit aller de pair avec une réflexion structurelle et durable sur les institutions et leurs pratiques”.

Une thématique ancrée dans les dynamiques nationales

Si l’atelier a permis de partager des approches et des outils, il s’inscrit également dans des contextes nationaux plus larges. En Guinée, par exemple, la lutte contre la corruption est au cœur de plusieurs plans d’action et réformes institutionnelles, y compris des initiatives visant à renforcer les mécanismes de transparence et la protection des lanceurs d’alerte dans le cadre de la législation anti-corruption.

Une lutte collective

En réunissant des spécialistes de la justice de six pays autour d’une thématique transversale, l’atelier de Conakry a illustré le potentiel des approches régionales pour répondre à des défis partagés. La corruption, en tant que phénomène transnational, nécessite non seulement des outils nationaux robustes, mais aussi une coopération judiciaire efficace, un échange continu de bonnes pratiques et une volonté politique affirmée.

Le projet BEPI continue ainsi à jouer un rôle central dans la construction de ponts entre les systèmes judiciaires africains, en faveur d’une justice plus transparente, réactive et coordonnée.

Pour en savoir plus

Consultez l’article complet publié par Ledjely.com sur l’atelier de Conakry :
 “Lutte contre la corruption : Conakry accueille les acteurs autour du projet BEPI”.

FOCUS THÉMATIQUE

Comprendre et combattre la corruption

La corruption est un phénomène complexe, protéiforme et souvent invisible, qui fragilise les institutions publiques, creuse les inégalités et freine le développement économique. Parce qu’elle dépasse les frontières nationales, sa lutte exige des réponses coordonnées, structurées et partagées.

C’est autour de cet enjeu central que les participants à l’atelier régional BEPI de Conakry ont travaillé pendant trois jours, en croisant leurs expériences nationales, leurs cadres juridiques et leurs pratiques opérationnelles.
 L’objectif : mieux diagnostiquer les mécanismes de corruption, renforcer les dispositifs de prévention, et améliorer la coopération judiciaire régionale dans le traitement des affaires transnationales.

En mettant l’accent sur les cas pratiques, les échanges entre pairs et la construction d’un réseau de confiance entre magistrats et praticiens, le projet BEPI contribue à rendre visible ce qui ne l’est pas toujours, et à transformer la lutte contre la corruption en une action collective, concrète et durable.

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